Vous avez franchi le pas. Fini les remises de clés en main propre, les boîtes à clés vandalisées et les “runners” qui coûtent une fortune. Vous avez investi dans une serrure connectée pour automatiser vos check-ins, optimiser votre gestion et offrir une expérience 5 étoiles à vos voyageurs. Votre cash-flow est plus stable, vos opérations sont fluides. Mais un courrier vient doucher votre enthousiasme : votre assureur Propriétaire Non Occupant (PNO) vous informe qu’en cas de sinistre, les dommages liés à un cambriolage ne seront pas couverts. La raison ? Votre serrure connectée n’est pas reconnue.
C’est un coup dur. Vous pensiez renforcer la sécurité avec une traçabilité parfaite des entrées, et vous vous retrouvez potentiellement exposé. Pour une conciergerie qui gère 50 appartements, c’est un risque systémique. Pour un investisseur, c’est une menace directe sur la rentabilité de son bien.
Stop. Ce refus n’est pas une fatalité. C’est le symptôme d’un décalage entre l’innovation PropTech et le conservatisme du monde de l’assurance. La bonne nouvelle ? Ce décalage peut être comblé. Le “non” de votre assureur n’est pas un mur, mais une demande de preuves. Il ne comprend pas cette technologie, il a besoin d’être rassuré. Cet article est votre guide pour construire le dossier technique en béton qui va transformer son scepticisme en validation.
Avant d’argumenter, il est crucial de comprendre la logique de votre interlocuteur. L’assureur n’est pas contre la technologie par principe. Il est contre le risque qu’il ne peut pas quantifier. Sa frilosité repose sur trois piliers principaux.
Le monde de la serrurerie traditionnelle est régi par des normes claires, notamment la certification A2P (Assurance Prévention Protection). Cette certification, délivrée par le CNPP, teste la résistance des serrures à l’effraction sur une durée donnée (A2P*, A2P**, A2P***). C’est un repère simple et fiable pour les assureurs.
Les serrures connectées, elles, évoluent dans un univers différent. Leurs qualités ne sont pas mécaniques mais électroniques et logicielles. Elles répondent à d’autres normes (marquage CE, certifications de sécurité informatique, standards de chiffrement) que les experts en assurance maîtrisent encore mal. Face à ce “flou normatif”, l’assureur applique le principe de précaution et refuse de couvrir ce qu’il ne peut évaluer selon sa grille de lecture habituelle.
Pour un assureur, un cylindre mécanique est un objet physique dont il comprend les faiblesses (crochetage, perçage). Une serrure connectée est une boîte noire. Ses craintes sont nourries par les reportages sur les objets connectés vulnérables :
Ces questions, bien que souvent fantasmées pour les produits de qualité, sont légitimes du point de vue d’un gestionnaire de risques. Votre rôle est d’y apporter des réponses techniques et factuelles.
Le scénario qui hante les assureurs est le suivant : un cambriolage a lieu, mais il n’y a aucune trace d’effraction physique. La porte a été ouverte “proprement”. Comment prouver que le vol a bien eu lieu ? Comment déterminer la faille ? Est-ce la faute du fabricant de la serrure, du gestionnaire qui a mal configuré un code, ou du voyageur qui a compromis son smartphone ?
Cette absence de “preuve matérielle” de l’effraction complique toute leur procédure d’indemnisation et ouvre la porte à des fraudes potentielles. C’est pourquoi ils préfèrent souvent exclure le risque à la source.
Maintenant que vous comprenez leurs craintes, vous allez les démonter point par point avec un dossier structuré et professionnel. Vous n’allez pas demander une faveur, vous allez démontrer que votre système est, en réalité, plus sûr qu’un système à clé classique.
Ne vous contentez pas de donner le nom de votre serrure. Plongez dans la documentation du fabricant et extrayez les éléments qui parlent le langage de la sécurité. Votre dossier doit inclure une synthèse claire de ces points :
Conseil Pro : Présentez ces informations sous forme de tableau comparatif simple, mettant en parallèle les craintes de l’assureur et les solutions techniques apportées par votre matériel.
Une serrure de haute technologie mal installée est une passoire. Votre assureur le sait. Le fait de l’avoir installée vous-même pour économiser quelques euros peut se retourner contre vous. Faites toujours appel à un serrurier ou à un technicien qualifié.
La pièce maîtresse de votre dossier est la facture de l’installateur. Elle prouve deux choses :
N’oubliez pas de joindre cette facture à votre dossier. C’est un document non négociable.
C’est ici que vous renversez l’argument de “l’absence de preuve d’effraction”. Une serrure connectée offre ce qu’aucune clé physique ne pourra jamais proposer : une traçabilité totale et infalsifiable. Votre application de gestion conserve un historique détaillé de tous les événements :
Expliquez à votre assureur que ce journal d’activité (les “logs”) constitue une preuve bien plus fiable qu’une porte fracturée. En cas de sinistre, vous pouvez fournir un export certifié de ces données, prouvant qu’une entrée non autorisée a eu lieu ou, au contraire, qu’aucun des accès légitimes n’est en cause. Cela permet de lever le doute immédiatement.
Enfin, démontrez que vous n’utilisez pas cette technologie comme un simple gadget, mais dans le cadre d’un protocole de sécurité rigoureux. Décrivez par écrit votre processus de gestion des voyageurs :
Ce protocole prouve que vous maîtrisez les risques et que votre système est activement géré pour être plus sécurisé qu’une simple remise de clés, qui peuvent être perdues, copiées ou volées.
Votre dossier est presque complet. Vous avez prouvé la fiabilité de la serrure de l’appartement. Mais l’assureur, s’il est pointilleux, soulèvera une dernière objection : qu’en est-il de la porte de l’immeuble ?
Une porte d’appartement blindée et connectée ne sert à rien si l’accès aux parties communes est une passoire. Les assureurs le savent et analysent la cohérence de votre démarche de sécurité. Les solutions traditionnelles pour l’accès à l’immeuble sont des failles béantes :
Présenter un dossier parfait pour votre porte palière tout en ayant une gestion archaïque de la porte d’immeuble affaiblit considérablement votre argumentaire. Vous devez montrer que votre stratégie de sécurité est globale.
C’est là qu’intervient le cerveau de votre système d’accès autonome : la BNB Box. Il ne s’agit pas d’un simple gadget, mais de la pièce qui rend votre protocole de sécurité cohérent et inattaquable aux yeux de l’assureur. La BNB Box est un boîtier qui se connecte à n’importe quel système d’interphonie existant et permet de déclencher l’ouverture de la porte de l’immeuble à distance.
Intégrer la BNB Box dans votre dossier technique, c’est démontrer que vous avez créé un parcours d’accès 100% dématérialisé, sécurisé et traçable de la rue jusqu’au canapé :
Cette approche montre à l’assureur que vous ne laissez rien au hasard. Vous contrôlez et tracez chaque étape. Il n’y a plus de clé physique, plus de badge, plus de code d’immeuble partagé. Vous apportez la preuve d’une maîtrise totale de la chaîne de sécurité.
Découvrir la BNB Box (Solution Interphone Universelle)
Une fois votre dossier constitué (fiche technique, facture d’installation, protocole de gestion, présentation de votre système global incluant la BNB Box), il faut le présenter. Adoptez une approche proactive. N’attendez pas un refus, informez votre assureur de votre nouvelle installation.
Voici un modèle de courrier/email à adapter :
Objet : Mise à jour des dispositifs de sécurité du bien assuré – Contrat N°[Votre numéro de contrat]
Madame, Monsieur,
Je vous contacte concernant le bien situé au [Adresse du bien], assuré sous la police PNO n°[Numéro de contrat].
Dans le cadre d’une démarche continue d’amélioration et de modernisation de la sécurité du logement, j’ai procédé à l’installation d’un système d’accès connecté en remplacement de la serrure mécanique traditionnelle. Cette mise à niveau vise à réduire drastiquement les risques liés à la perte, au vol ou à la copie de clés physiques, et à garantir une traçabilité complète de l’ensemble des accès au logement.
Vous trouverez en pièce jointe un dossier technique complet présentant :
Ce système permet un contrôle et un audit des entrées et sorties bien supérieurs à un système classique, constituant une plus-value sécuritaire indéniable pour le bien. Je suis convaincu que cette installation renforce le niveau de protection de mon investissement et, par conséquent, diminue le risque que vous couvrez.
Je reste à votre entière disposition pour toute question ou pour vous fournir une démonstration du fonctionnement du système.
Dans l’attente de votre confirmation de la bonne prise en compte de ces éléments pour le maintien de mes garanties, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.
[Votre Nom]
[Vos Coordonnées]
Malgré un dossier en béton, il est possible de faire face à un assureur particulièrement rigide. Ne baissez pas les bras. Plusieurs options s’offrent à vous.
Si l’assureur refuse le maintien total des garanties, proposez un compromis. Il peut s’agir d’une légère augmentation de votre prime annuelle pour couvrir ce “risque” qu’il perçoit. Une autre option est de négocier une exclusion de garantie très spécifique (par exemple, uniquement le vol sans effraction avérée), tout en maintenant la couverture pour tout le reste (incendie, dégât des eaux, etc.).
Le marché de l’assurance évolue. Des acteurs plus modernes, souvent appelés néo-assurances ou assurtech, ont une bien meilleure compréhension des enjeux de la PropTech et de la location courte durée. Ils proposent des contrats PNO spécifiquement conçus pour les investisseurs et conciergeries qui utilisent ces technologies. Faire jouer la concurrence est souvent la meilleure des solutions.
Un courtier indépendant est votre meilleur allié. Son métier est de connaître le marché et les spécificités des contrats de chaque compagnie. Présentez-lui votre dossier technique. Il saura identifier l’assureur le plus à même de comprendre votre démarche et de vous proposer un contrat adapté, souvent à un tarif plus compétitif.
Le refus initial de votre assureur PNO n’est pas une attaque contre votre choix de modernisation, mais une simple demande de clarification. En cessant de voir la situation comme un conflit et en l’abordant comme une opportunité d’éduquer et de rassurer, vous reprenez le contrôle.
Un dossier technique solide, qui ne se limite pas à la porte de l’appartement mais intègre la sécurisation globale de l’accès à l’immeuble avec des solutions comme la BNB Box, est votre meilleur argument. Il transforme votre installation connectée d’un supposé point faible en une preuve de votre professionnalisme et de votre gestion rigoureuse des risques.
N’attendez pas le sinistre pour agir. Prenez les devants, montez votre dossier, et faites de votre système d’automatisation un atout validé et reconnu par votre partenaire assurance. La tranquillité d’esprit, pour un investisseur ou une conciergerie, n’a pas de prix.
Améliorer sa rentabilité locative grâce aux Channels Manager
Philippe Gosselin
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